Sylvain Poirier, Vanité et sclérose de la philosophie

 

Ce texte est un essai adressé aux philosophes visant à exprimer le bilan d'observations sur la situation, les méthodes et problématiques actuellement dominantes en philosophie. Faites par un mathématicien de formation, elle dénote d'une certaine déception à l'égard des ambitions de la philosophie.

 

Introduction de l'auteur :

Je rappelle d'abord que je suis mathématicien, avec des connaissances en physique théorique que je tente d'expliquer depuis leur début en incluant leurs aspects "philosophiques" comme partie intégrante de leur compréhension, quasi indissociable du contenu mathématique lui-même.
D'autre part je mets aussi à profit mes facultés de réflexion sur des sujets philosophiques.
En classe de terminale, j'aimais bien la philosophie de Platon, et je trouvais ces idées très attirantes, un super idéal qui vu de loin vaudrait la peine qu'on y consacre sa vie. Mais ça c'est la théorie. La pratique, c'est autre chose. En effet par contre, après cette intro alléchante, le reste du cours et les devoirs de disserts ne me plaisaient pas du tout. Je trouvais ça barbant, et indigne de ce que ça prétendait être.
Ca prétendait en théorie apprendre à l'homme la liberté d'esprit, et ça l'enfermait en pratique dans les conceptions parfois sclérosantes des auteurs passés.
Ca prétendait exhorter l'homme à se libérer de ses a prioris, et lui assénait en pratique comme vérités plus ou moins contestables des conceptions préfabriquées, (qu'en principe on a le droit de discuter mais plutôt pas trop en pratique puisque si c'est telle conception qu'on enseigne c'est pas pour des prunes et puis il faut avoir de bonnes notes !), donc plus ou moins douteuses et déconnectées du réel.
Ca prétend l'amener à exprimer librement son esprit dans des disserts, tout en l'enfermant en pratique dans des sujets plus ou moins absurdes. Je trouve ça honteux de prétendre forcer les jeunes à baratiner une ou deux copies doubles sur des sujets ou extraits de "grands auteurs" parfois dépourvus de sens ou d'intérêt voire bourrés de préjugés insidieux, et de les juger là-dessus en prétendant que c'est pour éveiller leur esprit. Un de ces jours peut-être, j'irai sélectionner quelques-un des sujets qui ont été postés dans mon forum philosophie et les commenterai plus ou moins, mais certainement pas d'une manière à fournir un contenu capable de rapporter des bonnes notes aux élèves qui auraient à rédiger dessus.
Le programme de terminale est-il une manière pertinente de juger de la philosophie ? Certes pas forcément. En effet je ne trouverais pas non plus pertinent de juger les mathématiques d'après leur enseignement actuel en terminale.
Alors pour m'informer plus précisément de la situation, j'ai été faire un tour (début 2006) sur Wikipedia à la recherche des idées philosophiques en vogue. Et là j'ai fait une découverte fantastique: les idées de Nietsche sur la philosophie universitaire. Enfin des choses intéressantes ! Mais pourquoi donc ne met-on pas ces idées magnifiques au programme de philo de terminale ???

Le texte intégral sur le site de l'auteur