PHILO-ANALYSIS POUR UNE SOCIOLOGIE DE LA PHILOSOPHIE
| Site mis à jour le : 11/03/2008 |
publier vos recherches, essais, textes, ICI
Donne cours de philosophie sur départements 67 et 68 ; Tarif : 20€ / heure
DOSSIER : |
Nouveau : Présentation des
Socratiques
en libre accès.
Nouveau : mon vieux mémoire
de maîtrise sur les anthropologies de Diderot et Rousseau
Découvrez
aussi mon site sur le Portugal Une richesse historique extraordinaire Pour un petit bout de terre Perdu aux confins de l’Europe… |
Présentation : Les buts de ce site
Ce site œuvre pour une claire identification
de ce qu’est et représente la philosophie. Au vu de la déconsidération
que connaît actuellement la philosophie, vu les difficultés que
celle-ci connaît pour trouver sa place réelle parmi les autres
formes de connaissance, il me semble aujourd’hui vital d’en préciser
la nature. La philosophie ne mérite pas cette place équivoque
: c’est oublier l’importance qu’elle a eu dans la formation
de la rationalité humaine.
Aussi ai-je décidé de créer ce site afin d’y rassembler
divers point de vue concernant ce sujet épineux. Le site n’a pas
la prétention de répondre de manière définitive.
Il ne vise qu’à permettre une confrontation entre différents
points de vue. Vous pourrez y trouver nombre de textes ou commentaires philosophiques,
sociologiques, voire épistémologiques. La discussion est ouverte
à tous et vous pouvez, si vous le souhaitez, y collaborer vous-même.
Je vous propose donc de parcourir les différentes pages disponibles selon
vos préférences. Libre à vous de me faire part de vos remarques
; je les recevrai avec toute l’attention qu’elles méritent.
Et si ce site vous a plu, si comme moi vous désirez apporter votre soutien
à cette discipline essentielle, peut-être pourriez-vous en faire
la promotion sur vos propres pages personnelles ou sur des forums.
accéder aux sections :
Pour une approche sociologique de la philosophie.
A quoi sert la philosophie
? quel rôle tient-elle dans l’histoire du genre humain ? La philosophie
est-elle une discipline morte?
Alors que pour la science, même si elle reste problématique sur
nombre de points, les réponses à ce genre de question paraissent
aller de soi, tout au moins on en reconnaît facilement l'utilité.
La philosophie, elle, s’obstine à cacher ses origines dans les
brumes du passé ou de la raison abstraite. Non contente de tenir un discours
que souvent seuls des spécialistes semblent pouvoir entendre, elle ne
se laisse pas enfermer dans une définition quelconque. Définir
la philosophie semble vouloir rester problématique ; les définitions
toutes faites de nos professeurs ne tiennent pas la route dès que l’on
y réfléchit un peu : l’« amour de la sagesse »?
Cela ne semble pas être le point fort d’un Nietzsche ou d’un
Machiavel. Une science au-delà de la physique ? une idée née
d'un classement arbitraire des textes d'Aristote en plaçant après
[Méta-] la physique certains textes [La Métaphysique] traitant
du Premier moteur (Dieu ?) et de ce qui ne nous est pas accessible par les sens.
Un coup de marteau sur les préjugés et les valeurs morales ? une
expression nietzschéenne à la mode ! peut-être pas si faux,
mais la science fait beaucoup mieux en la matière, et avec beaucoup moins
de grandiloquence !
En fait, la philosophie semble s’ignorer elle-même. Elle ne possède
pas sa propre définition. Il est en tout cas remarquable que, dès
que la philosophie est questionnée sur son but, son domaine, les difficultés
s'accumulent.
Il faut une analyse extérieure, un travail qui désacraliserait
ce qui a tendance aujourd'hui à devenir un mythe, une entreprise de démystification
de nos conceptions de la philosophie : Un tel travail ne semble pas encore exister.
En cherchant désespérément une « étude sociologique
du rôle de la philosophie », ou une « étude du rôle
historique de la philosophie » ou encore une « analyse sociologique
des apports de la philosophie dans l’histoire des idées humaines
», on aboutit à rien, néant, nom de domaine inconnu. Il
n'existe pas de travail d'ensemble qui ferait la synthèse de divers études
sur ce sujet ; D'ailleurs il existe très peu d'études particulières
sur le sujet ! Louis Pinto, [sociologue et philosophe à la fois, directeur
de recherche au CNRS] proche de Bourdieu, a le mérite d'être l'un
des rares sociologues à s'être penché sur le problème
et y avoir consacré quelques précieux articles. On peut citer
aussi C. Soulié, également proche de Bourdieu. Et pourtant, nous
lisons de la philosophie, nous en saupoudrons nos conversations mondaines, nous
en entendons à droite à gauche, sans savoir ce que c’est,
de quoi il en retourne précisément (autant qu'on pourrait le faire
d'une science particulière)… Une telle étude nous permettrait
peut-être de ramener les combats célestes des philosophes sur la
terre ferme des études concrètes. Mais, d’une part je n’en
ai pas la culture, et surtout, il nous faudrait pour cela assimiler des méthodes
scientifiques et sociologiques, auxquelles le cursus universitaire classique
de philosophie ne nous prépare pas, et nous en éloigne même
!
C’est la raison d'être
de ce site. Il n’a pas l’ambition de trancher la question. D’ailleurs
il est évident qu’une telle question ne saurait être traitée
en une ligne ni même en un seul ouvrage. De même qu’il serait
absurde de répondre à la question « qu’est-ce que
l’histoire » par un banal : c’est le progrès du genre
humain, de même aucune réponse universelle et définitive
ne saurait être donnée comme définition de la philosophie.
Le problème verra des éléments de réponse dans une
multitude d’études sur des cas concrets et historiques. Un exemple
en a été donné par l’ouvrage de François Châtelet
écrit dans les années 60 « Platon » où
l’auteur tente, par l’étude du ‘fondateur’, d’approcher
ce qu’est la philosophie en replaçant l’homme et ses idées
dans leur contexte historique. Cet ouvrage pèche cependant un peu par
sa façon de séparer toujours un peu trop histoire et idées
; le contexte historique est étudié dans le chapitre 1, les idées
de Platon dans les chapitres suivants..
Aussi ce site tente simplement de regrouper des textes et des études
portant sur ce sujet. Un maximum de livres et d’essai y seront analysés.
Les études sociologiques y ont leur place privilégiée,
mais on trouvera aussi des essais de philosophes tentant de préciser
la nature de la philosophie ; Les plus sérieux seront retenus, mais quelques
exemples moins sérieux viendront montrer comment l'idéologie qui
soutend les discours des philosophes vient occulter le problème. Tout
apport extérieur qui pourrait accroître la richesse de ce site
sera naturellement la bienvenue. (publication sur le site
environ une semaine après envoi) Il s’adresse ainsi à
ceux qui, par honnêteté intellectuelle, reconnaissent aussi que
la définition de la philosophie est problématique, que son rôle
n’est pas si évident, etc. A ceux qui cherchent encore et toujours,
et qui ne se laissent pas compter par le premier argument venu. A ceux pour
qui la philosophie semble d’une vanité extraordinaire mais pourtant
vise parfois juste. A ceux qui ont un certain respect pour la culture, les idées
et ceux qui les ont défendues, et qui se désolent aujourd'hui
à les voir souvent réduites à de simples joutes verbales
scolaires et vaines.
Les textes qui ont inspirés ce site sont :
Soulié C. : « Anatomie du goût philosophique » in Actes de la recherche en sciences sociales n° 109 (1995)
F. Châtelet : La philosophie des professeurs (1972)
Paul Nizan : Les chiens de garde (1932)
L. Althusser : Transformation de la philosophie (1976)
Voici quelques textes critiques que vous pourrez retrouver dans les différentes sections :
Desanti : La réception de la sociologie dans deux publics étudiants en formation
La réception de la sociologie chez les apprentis philosophes doit être comprise, du moins en partie, à l’aune de la posture épistémique particulière que tend à leur transmettre les enseignants de leur discipline. Certaines études nous rappellent que le sens de la hauteur, le discours de l’importance, l’ambition traditionnellement totalisante de la philosophie reste encore au principe de son expression dans l’univers scolaire. En reprenant les propos de Durkheim sur l’enseignement de la philosophie en France, Louis Pinto insiste sur la pérennité des dispositions invariantes attachées à cette discipline : culte du brillant et de l’originalité, formalisme métaphysique, tendance au mysticisme, goût pour ce qui est a priori indépendant de l’expérience.
L. Althusser : Transformation de la philosophie (1976)
Dans la Thèse n°1 sur Feuerbach,
il existe une information capitale donnée par Marx : le défaut
majeur de tout matérialisme jusqu’ici a été l’oubli
systématique de l’activité pratique. On ne doit pas interpréter
cela comme une nouvelle philosophie de la praxis. Marx fait allusion à
« une réalité qui possède cette particularité
d’être à la fois présupposée par tous les discours
philosophiques traditionnels, et d’en être par nature exclue en
personne. » « Cette irruption de la pratique dans la tradition philosophique
[…] constitue dans le principe une critique radicale de la forme d’existence
classique de la philosophie. »Or, l’irruption de la pratique, c’est
la dénonciation de cette prétention de la philosophie d’embrasser
le Tout, de n’avoir pas de dehors. Ce dehors, que la philosophie veut
se donner l’illusion de soumettre à la vérité, c’est
la pratique. La pratique produit non pas la Vérité, mais les vérités.
Chez Marx, la pratique n’est pas un substitut de la Vérité
pour une philosophie inébranlable (comme pour toute philosophie de la
praxis). La pratique surprend la philosophie sur ses arrières. La philosophie
estime « avoir introduit dans le domaine de la pensée la totalité
même de tout ce qui existe, même la boue, disait Socrate, même
l’esclave disait Aristote, même l’accumulation de la richesse
à un pôle et la misère de l’autre disait Hegel. »
La philosophie voit tout, pense tout. « De fait, toutes les pratiques
sociales sont là dans la philosophie, et la fabrication des souliers
et des navires, et l’argent, et le salaire, et la politique et la famille,…
» Mais pour réussir à tout regrouper sous la Vérité,
la philosophie ne les a pas simplement transporter en respectant leur nature.
Elle les a transformés. Et c'est le génie de Marx d'avoir montré
comment et pourquoi elle les transforme.
Bourdieu : Les sciences sociales et la philosophie , in Actes de la recherche en sciences sociales n°47(1983)
L’usage ordinaire des textes du passé suppose et suscite à la fois une « neutralisation » au sens des phénoménologues, une mise entre parenthèses à peine consciente de tout ce qui rattache le texte et son objet à une histoire, à une société, bref une déshistoricisation qui est une véritable déréalisation : la philosophie de l’histoire de la philosophie comme philosophia perennis n’est que la réalisation des présupposés engagés dans la pratique la plus commune du professeur de philosophie comme lector, le commentaire. La lecture, que l’idéologie professionnelle des professeurs et des critiques décrit comme acte de « re-création » prétendant rééditer la « création » elle-même, est le moment décisif de la transformation des productions littéraires ou philosophiques en habitus : la technique pédagogique de l’actualisation – justifiée par le souci de rendre les auteurs et les textes « vivants » et par là « intéressants » - produit l’anachronisme d'un discours qui est à la fois situé et daté et achronique et qui, même lorsqu’il se croit fidèle à la lettre et à l’esprit des pensées qu’il veut simplement reproduire, les transforme, mais de manière toute à fait inconsciente.
Bourdieu : Les sciences sociales et la philosophie , in Actes de la recherche en sciences sociales n°47(1983)
Le sens de la dignité philosophique, qui permet au dernier des philosophes de se sentir en droit de regarder de haut les disciplines empiriques et ceux qui les pratiquent, a aussi sa rançon : l’effet de consécration, qui est associé à l’occupation d’une position dominante, est aussi ce qui interdit de déroger, et de se salir les mains dans les taches inférieures de la pensée, condamnant souvent ces dominants dominés par leur domination à identifier la hauteur théorique au verbalisme vague et péremptoire d’une pensée peu encombrée par la connaissance des choses.
F. Châtelet : La philosophie des professeurs (1972)
Il ne s’agit pas de sauver la philosophie. Elle est morte et il n’y a pas lieu de redonner vie à des figures de musée. Il ne s’agit pas non plus de condamner sans nuance l’activité de milliers d’enseignants. Il importe simplement de démontrer – dans une première approche qui devrait être suivie d’autres, plus scientifiques – les techniques par lesquelles, sous le couvert de l’institution, l’idéologie bourgeoise […] récupère une tradition à son profit et dessine hypocritement une image de l’homme qui – concrètement – la sert et – idéalement – la justifie.
Paul Nizan : Les chiens de garde (1932)
On rencontre cependant tous ces gens, tous
ces jeunes gens qui croient que tous les travaux formellement philosophiques
amènent un profit à l'espèce humaine, parce qu'on leur
a persuadé qu'il en va ainsi de toutes les tâches spirituelles.
Avoir de bonnes intentions, c'est d'autre part, et pour parler gros, vouloir
précisément ce profit. On a appris à tous ces gens depuis
la classe de septième, depuis l'école laïque que la plus
haute valeur est l'esprit et qu'il mène le monde depuis l'éloignement
de Dieu. À seize ans, qui donc n'a pas ces croyances de séminaristes
? J'eus par exemple ces pensées. Sous prétexte que je lisais tard
des livres en comprenant plus facilement qu'un ajusteur n'eût fait le
divertissement de Pascal et le règne des Volontés Raisonnables,
je ne me prenais pas pour un homme anonyme, je croyais docilement que l'ouvrier
dans la rue, le paysan dans sa ferme me devaient de la reconnaissance puisque
je me consacrais d'une manière noble, pure et désintéressée
à la spécialité du spirituel au profit de l'homme en général,
qui comprend, parmi ses espèces, des ouvriers et des fermiers. Mes maîtres
faisaient tout pour m'entretenir au sein d'une illusion si agréable pour
eux-mêmes.
Sokal et Bricmont : Impostures intellectuelles (1997)
Ces auteurs parlent avec
une assurance que leur compétence ne justifie nullement. Lacan se vante
d’utiliser « le plus récent développement de la topologie
» et Latour se demande s’il n’a pas appris quelque chose à
Einstein. Ils pensent sans doute pouvoir utiliser le prestige des sciences exactes
pour donner un vernis de rigueur à leur discours. De plus, ils semblent
assurés que personne ne remarquera leur usage abusif de conceps sientifiques.
Personne ne va s’écrier que le roi est nu.
Notre but est justement de dire que le roi est nu. Nous ne voulons nullement
attaquer les sciences humaines ou la philosophie en général ;
au contraire, nous pensons que ces domaines sont fort importants et nous voulons
mettre en garde ceux qui travaillent dans ces domaines (surotut les jeunes)
contre des exemples manifestes de charlatanerie. En particulier nous voulons
"déconstruire" la réputation qu’ont ces textes
d’être difficiles parce que profonds. Dans bien des cas nous pouvons
montrer que s’ils semblent incompréhensibles, c’est pour
la bonne raison qu’ils ne veulent rien dire.
Soulié C. : « Anatomie du goût philosophique » in Actes de la recherche en sciences sociales (1995)
La philosophie se présente
souvent comme une activité qui est à elle-même sa propre
détermination. Ainsi quand on interroge un enseignant ou un étudiant
de cette discipline sur son parcours intellectuel, il y a de fortes probabilités
pour que celui-ci le décrive comme étant essentiellement déterminés
par des raisons d’ordre purement intellectuel.
Notre volonté d’étudier la discipline philosophique d’un
point de vue sociologique n’a pas manqué de susciter des réactions,
parfois très vives, notamment dans la population dominante de cet univers,
c’est-à-dire chez les normaliens agrégés. En raison
de leur appartenance disciplinaire, ces derniers ont souvent tendance à
se penser comme des professionnels de la lucidité et de la réflexivité,
réflexivité dont la philosophie aurait en quelque sorte le monopole,
les autres disciplines étant souvent jugées incapables d’opérer
un retour réflexif sur les savoirs particuliers ou régionaux qu’elles
élaborent.
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>................................>><< <Djhaidgh.
PHILO-ANALYSIS : Site critique pour une sociologie de la philosophie.
Cliquez pour découvrir des sites extraordinaires
>>BD: Larcenet >>>>>S.Correia Site Web>>>>>>>Athétürk>>>>>>>>philosophie.org>>
>>>>>Wikipedia___
Site mis en ligne le 09-08-2005